La troisième édition du Dialogue intergénérationnel décentralisé (DID), qu’organisera Génération auto entrepreneur (GAE-LE PATRIARCHE), est prévue en novembre à Dolisie. Prélude à cette événement, la plateforme plante le décor et plaide pour une transformation de l’économie congolaise, une meilleure insertion professionnelle des jeunes et l’ouverture d’un débat national sur l’opportunité d’une révision constitutionnelle.
Lors d’un point de presse, son coordonnateur général a appelé à sortir du simple constat pour engager des réformes adaptées aux mutations actuelles. Le Congo doit anticiper les mutations mondiales plutôt que les subir.
Dans un contexte marqué par l’instabilité des marchés, la recomposition des alliances internationales et l’accélération de la transformation numérique, le responsable estime que le pays doit engager une réflexion approfondie sur son avenir. Trois priorités se dégagent de l’intervention de Digne Elvis Tsalissan Okombi, diversifier l’économie, donner davantage de perspectives à la jeunesse et adapter les institutions aux réalités contemporaines.
SORTIR DE LA DÉPENDANCE AU PÉTROLE
Pour GAE-LE PATRIARCHE, le modèle économique congolais ne peut plus reposer essentiellement sur les revenus pétroliers. La dépendance aux fluctuations du prix du baril constitue, selon son coordonnateur général, une vulnérabilité qui impose de repenser les mécanismes de création de richesses.
L’organisation préconise une transformation locale des ressources nationales, notamment le manioc, les fruits, le bois et l’huile de palme. L’ambition est de développer des activités industrielles et artisanales capables de générer des emplois, de retenir davantage de valeur ajoutée sur le territoire national et de stimuler l’entrepreneuriat.
« Chaque produit exporté brut, c’est un emploi que nous offrons à un autre pays », a-t-il souligné, défendant une économie davantage tournée vers la production et la transformation locales.
MIEUX QUE LES DISCOURS
L’insertion économique des jeunes relève du fait que, pour le coordonnateur général, la jeunesse congolaise ne réclame pas la charité, mais des possibilités concrètes de construire son avenir.
La réponse passe par une formation professionnelle mieux adaptée aux besoins du marché du travail, un accès simplifié au crédit pour les jeunes entrepreneurs et la mise en place d'un statut d’auto entrepreneur accessible, protecteur et peu coûteux, pour permettre aux jeunes de passer de la recherche d’un emploi à la création d’activités génératrices de revenus. Une dynamique qui, selon lui, pourrait renforcer l’autonomie des familles et contribuer au développement des communautés.
Cette approche place l’emploi, la qualification et l’entrepreneuriat au cœur des réponses aux attentes d’une jeunesse nombreuse, connectée et désireuse de participer pleinement à la transformation du pays.
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE, OUVRIR LE DÉBAT
Le troisième axe porte sur les institutions. Le responsable de GAE-LE PATRIARCHE estime qu’aucune réforme économique ou sociale ne peut s’inscrire durablement dans le temps sans un cadre institutionnel capable d’évoluer avec les réalités du pays.
Dans cette perspective, il appelle à l’ouverture d’un débat national, serein et inclusif sur l’opportunité d’une révision de la Constitution.
Il précise toutefois que cette démarche ne consiste pas à imposer d’emblée des changements, mais à permettre à toutes les composantes de la société de s’exprimer sur la question, dans un esprit de responsabilité et de respect mutuel.
Cet appel place la réflexion institutionnelle parmi les sujets qui devraient alimenter les échanges de la prochaine édition du Dialogue intergénérationnel. Il souligne la nécessité, selon l’organisation, de concilier la préservation des acquis avec l’adaptation aux exigences nouvelles.
DOLISIE, ÇA PROMET
C’est dans cette perspective que la troisième édition du Dialogue intergénérationnel décentralisé se tiendra en novembre à Dolisie, ville présentée par les organisateurs comme la capitale de l’or vert.
Placée sous le thème « Face aux mutations actuelles, quelles réformes pour le Congo de demain ? », cette rencontre entend réunir différentes catégories d’acteurs autour des défis économiques, sociaux et institutionnels du pays.
Intellectuels, organisations politiques, société civile, étudiants et jeunes sont notamment invités à prendre part aux échanges. La GAE-PATRIARCHE ambitionne de faire de ce rendez-vous un espace de concertation et de confrontation des idées, au-delà des clivages et des sensibilités.
Au terme de son intervention, le coordonnateur général a défendu une approche fondée sur la continuité et l’adaptation. Il ne s’agit pas, selon lui, de rompre avec tout ce qui a été construit par les générations précédentes, mais de préserver cet héritage tout en le faisant évoluer.
Le Congo de demain, a-t-il rappelé, ne pourra se construire sans la participation des entrepreneurs, des agriculteurs, des fonctionnaires, des femmes, des jeunes et de la diaspora.
À travers cette troisième édition du Dialogue intergénérationnel, la GAE-LE PATRIARCHE porte sa pierre à la réflexion collective sur les réformes susceptibles d’accompagner le pays face aux mutations contemporaines.
Brazza-net.cg, le site intergénérationnel : +242 06 662 88 75,
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