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RAPPORT PLANETE VIVANTE 2026 DU WWF : LES POPULATIONS D’ANIMAUX SAUVAGES SUIVIES EN AFRIQUE ONT DIMINUE DE 80 %
jeu. 8 oct. 26
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Entre 1970 et 2022, la taille des populations de vertébrés sauvages suivies en Afrique a diminué de 80 % en moyenne, selon le Rapport Planète Vivante 2026 du WWF. Ce constat révèle les fortes pressions qui s’exercent sur la nature à travers le continent. Le rapport montre toutefois qu’un rétablissement est possible lorsque les efforts de conservation se poursuivent dans la durée, que les communautés sont directement impliquées et en tirent des bénéfices, et que les systèmes à l’origine de la dégradation de la nature commencent à évoluer.

UNE BAISSE DE 80 % EN AFRIQUE

L’Indice Planète Vivante (IPV), établi par la ZSL (Société zoologique de Londres), s’appuie sur près de 35 803 séries de données sur l’évolution de populations, couvrant 5 790 espèces de vertébrés à travers le monde. Le chiffre de 80 % pour l’Afrique correspond à la variation proportionnelle moyenne cumulée de la taille des populations animales suivies sur différents sites de la région. Il ne signifie pas que l’Afrique a perdu 80 % de tous ses animaux sauvages ou 80 % de ses espèces sauvages.

Selon l’IPV, la taille des populations d’animaux sauvages suivies à l’échelle mondiale a enregistré un recul marqué de 73 % en moyenne sur une période de 52 ans. Le rapport indique également une baisse moyenne de 28 % en Amérique du Nord et de 23 % en Europe et en Asie centrale. Les baisses les plus importantes concernent l’Amérique latine et les Caraïbes (95 %), l’Afrique (80 %) et l’Asie-Pacifique (49 %).

LES HABITATS SOUS FORTE PRESSION

À travers le monde, la perte et la dégradation des habitats restent les menaces les plus fréquemment signalées pour les populations animales suivies. Viennent ensuite la surexploitation, le changement climatique, la pollution, les espèces exotiques envahissantes et les maladies. Ces pressions découlent de dysfonctionnements plus larges des systèmes alimentaires, énergétiques et financiers.

DES SIGNES DE RETABLISSEMENT

Malgré cette tendance générale à la baisse, environ la moitié des populations incluses dans l’IPV mondial sont stables ou en augmentation. Le rapport met en lumière le rétablissement de populations de tortues vertes, de thons rouges, de tigres et de certaines populations d’éléphants d’Afrique australe. Ces exemples montrent que des objectifs clairs, des plans adaptables, une action soutenue et une résilience à long terme peuvent produire des résultats mesurables.

Yvonne Godo, directrice régionale du WWF pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe, déclare : « Le rétablissement est possible, mais il doit bénéficier aux populations humaines autant qu’à la faune sauvage. Le rétablissement de la faune ne marque pas la fin de nos efforts ; il ouvre une nouvelle responsabilité. La question n’est pas de savoir si ce rétablissement est possible, mais si nous pouvons construire un avenir dans lequel les êtres humains et la faune sauvage s’épanouissent ensemble. »

LES ELEPHANTS, ENTRE DECLIN ET RETABLISSEMENT

Les éléphants de savane d’Afrique sont en déclin dans une grande partie de leur aire de répartition et l’espèce reste classée « En danger ». Cependant, certaines populations d’Afrique australe augmentent là où les cadres juridiques permettent aux communautés locales de participer directement à la gestion des terres et de la faune avec lesquelles elles coexistent, et d’en tirer des bénéfices. Ces progrès ont nécessité des décennies d’efforts, renforcés par la lutte contre le trafic d’espèces sauvages, les réformes judiciaires et les mesures de lutte contre la corruption.

LE BASSIN DU CONGO SOUS PRESSION

Le Bassin du Congo, qui abrite des éléphants de forêt, des grands singes, dont les bonobos, ainsi que des okapis, subit des pressions croissantes liées à l’expansion agricole, à l’exploitation forestière et minière, aux routes et à d’autres infrastructures qui ouvrent l’accès aux forêts et les fragmentent. La chasse non durable et le braconnage réduisent encore les populations animales. Selon les rapports d’inventaire de la faune du WWF, les effectifs des éléphants de forêt d’Afrique ont chuté de plus de 60 % au cours des dernières décennies, principalement en raison du braconnage pour l’ivoire et de la perte d’habitat. Leur déclin menace également la régénération des forêts, les services écosystémiques et le stockage du carbone.

Nadège Nzoyem, directrice régionale du WWF pour le Bassin du Congo, déclare : « Inverser cette tendance exige une action coordonnée des gouvernements, de la société civile et des autres secteurs, en plaçant les peuples autochtones et les communautés locales au centre. Une conservation durable suppose que les communautés, les chefs traditionnels et les institutions disposent du pouvoir d’agir, des responsabilités et des bénéfices concrets nécessaires pour préserver la nature. »

ACCELERER L’ACTION POUR LA BIODIVERSITE

Le Rapport Planète Vivante 2026 souligne que les signes encourageants de rétablissement doivent accélérer l’action, plutôt que conduire à relâcher les efforts. Les interventions de conservation restent essentielles. Mais elles ne peuvent, à elles seules, inverser la perte de biodiversité tant que les systèmes économiques continuent de détruire les habitats et d’aggraver le changement climatique.

DES POINTS DE BASCULE NEGATIFS AUX POINTS DE BASCULE POSITIFS

La biodiversité est un fondement des économies et des sociétés africaines. Elle fournit de la nourriture, de l’eau, de l’air pur et des médicaments, et renforce la capacité à faire face aux chocs climatiques. Pourtant, les systèmes qui devraient préserver ces bénéfices contribuent aussi à la dégradation de la nature : la production alimentaire est la première cause de destruction des habitats, l’énergie issue des combustibles fossiles alimente le changement climatique et les flux financiers continuent de soutenir des activités qui nuisent à la nature.

Le Rapport Planète Vivante présente des travaux de l’Université d’Exeter montrant que des systèmes vastes et complexes peuvent évoluer rapidement lorsqu’ils franchissent un seuil vers un état plus favorable. Le changement se renforce alors de lui-même, devient plus rapide, moins coûteux et plus difficile à inverser.

TRANSFORMER L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE

Alimentation et agriculture : des évolutions positives sont en cours, grâce à des modes de production bénéfiques pour la nature, à un commerce et une consommation plus durable, à une alimentation plus saine et à la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires. Ces changements doivent se généraliser rapidement, tout en protégeant les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire.

REORIENTER LES FINANCEMENTS

Finance : la transformation du système financier n’en est qu’à ses débuts. Celui-ci doit cesser de financer les activités nuisibles, reconnaître les risques liés à la nature et au climat comme des risques financiers importants, offrir un cadre réglementaire prévisible et contribuer à combler le déficit annuel de financement de la biodiversité, estimé à 942 milliards de dollars américains.

UNE OCCASION DE PASSER A L’ACTION

Les pays peuvent accélérer ces transformations en mettant en œuvre les engagements déjà pris dans le cadre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et de l’Accord de Paris. Les conférences des Nations unies sur la biodiversité et le climat, prévues dans les prochains mois, offrent aux gouvernements une occasion de passer résolument de l’ambition à la mise en œuvre.

« Le constat du Rapport Planète Vivante est un avertissement sévère, mais aussi une exigence d’action. Alors que les pays africains se préparent à la COP17 sur la biodiversité et à la COP31 sur le climat, ainsi qu’à accueillir la COP32 à Addis-Abeba, ils doivent défendre un programme cohérent qui relie les priorités en matière de biodiversité, de climat, de terres et de développement. Cela signifie concrétiser les engagements existants grâce à des financements suffisants et accessibles, à des politiques mieux coordonnées et à une action portée par les acteurs locaux », déclare Durrel Halleson, responsable des politiques et des partenariats du WWF Afrique.

Contact presse

Fidelis Pegue Manga, responsable de la communication pour le Bassin du Congo
Email : Fmanga@wwfint.org
Téléphone / WhatsApp : +237 6 79 23 33 71

Transformer les systèmes alimentaires, énergétiques et financiers est indispensable pour inverser la perte de biodiversité à l’échelle nécessaire.

Le rétablissement de certaines populations d’éléphants en Afrique australe montre qu’une conservation menée dans la durée et portée par les communautés peut produire des résultats.

Entre 1970 et 2022, la taille des populations de vertébrés sauvages suivies en Afrique a diminué de 80 % en moyenne.

 

brazza-net.cg, le site protecur des animaux : +242 06 662 88 75, ebdimix@gmail.com 

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