Des robinets à sec. Un courant qui disparaît. Des ménages excédés. Brazzaville et le Congo en général, vivent des pénuries d’eau et les délestages électriques qui deviennent la règle. Sur des médias, le ministre de l’énergie et de l’hydraulique Bruno Jean Richard Itoua annonces de réformes. On parle plans de redressement. Mais, syndicats, directeurs généraux, techniciens qui vantaient l’expertise nationale pour casser les réformes les plus audacieuses ont disparu.
Des interrogations s’enchainent : qui tient réellement le gouvernail du secteur de l’eau et de l’électricité. Jusqu’à quand les Brazzavillois particulièrement vivront l’électricité et l’eau comme un luxe. Comment le président de la République et ses collaborateurs accélèrent-ils la marche vers le développement avec un peuple assoiffé et dans l’obscurité.
L’heure des rapports techniques pour mesurer les difficultés du secteur est révolue. Depuis des lustres, les perturbations dans la fourniture d’eau potable et d’électricité alimentent l’exaspération des ménages, affectent les familles, les petits commerces, les restaurants, les salons de coiffure, les ateliers, les administrations.
L’EAU DÉPEND DE L’ÉLECTRICITÉ, L’ÉLECTRICITÉ FAIT DÉFAUT
Une évaluation des perturbations à Brazzaville relevait que les coupures d’électricité justifieraient des interruptions dans la production et la distribution d’eau.
En mars 2024, une visite du premier ministre à la LCDE mettait en évidence le lien entre alimentation électrique et disponibilité de l’eau. Quand le courant disparaît, l’eau peut suivre.
Mais lorsque l’eau et l’électricité deviennent simultanément difficiles à obtenir, s’ouvre le procès de tout le modèle de fourniture de ces services essentiels et de la capacité managériale de leurs dirigeants.
BRUNO ITOUA A POURTANT FIXÉ LE CAP
En juin 2026, redevenu ministre de l’énergie et de l’hydraulique, Bruno Jean Richard Itoua, présentait une feuille de route dont l’application améliorerait rapidement la desserte en eau et en électricité, avec la modernisation de la gouvernance du secteur et l’amélioration des performances des opérateurs.
Un quadrimestre après, les mêmes difficultés s’aggravent davantage. Peut-être que les réformes annoncées ne produisent pas encore leurs effets parce que le ministre a hérité des investissements insuffisants, les réseaux et équipement trop fragiles puisque les problèmes relèvent à la fois de la production, du transport, de la distribution, de la maintenance surtout de la gouvernance.
Quitte au ministre Bruno Jean Richard Itoua, aux directeurs généraux d’Energie électrique du Congo (E2C) Jean Bruno Danga Adou et de La congolaise de l’eau (LCDE) Chrisostome Makita d’appliquer des réponses précises, pratiques. Encore que le peuple aux abois ne gobe plus les interviews relayées sur les médias.
E2C, LA LOGORRHEE EXPLICATIVE ET RIDICULE DES DIRIGEANTS
Pour Énergie électrique du Congo, face aux blackout et délestages éternels, les responsables opposent un plan de redressement.
En août 2026, des ateliers consacrés au diagnostic d’E²C ont débouché sur la préparation d’un plan de redressement assorti d’un contrat de performance, en vue d’améliorer la qualité du service public de l’électricité.
Le très disert directeur général d’E²C, Jean Bruno Danga Adou enseignait les cours théoriques d’électricité sur les plateaux de télévision. Sa logorrhée explicative l’a ridiculisé face à une réalité implacable. Il est placé au cœur de cette équation opérationnelle.
Cependant le peuple s’impatiente et demande combien de temps faudra-t-il encore attendre avant que les diagnostics, les ateliers, les plans et les contrats de performance qui ne remplacent pas le courant, se concrétisent sur le terrain.
LCDE, MISSION CLAIRE, ATTENTE IMMÉDIATE
Même équation pour La congolaise des eaux (LCDE) dont la direction est assurée par Chrisostome Makita, rappelle elle-même que sa mission est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations par la fourniture d’une eau potable de qualité et disponible en permanence.
La question est, comment expliquer que l’eau potable demeure aussi irrégulière alors que sa disponibilité constitue précisément le cœur de la mission de l’opérateur.
QUI EST RESPONSABLE DE QUOI ?
Le ministre assure la conduite politique et la tutelle. Les directions générales d’E²C et de LCDE ont chacune, la responsabilité de la gestion opérationnelle des entreprises.
Et, lorsque ces services essentiels se dégradent sans arrêt, les citoyens sont en droit de demander des comptes sur la chaîne de responsabilité, les objectifs assignés, les résultats obtenus et les délais de correction. Sans chercher un bouc émissaire, le peuple veut savoir qui décide, qui exécute, qui contrôle et qui rend compte.
Y A-T-IL ENCORE UN PILOTE DANS L’AVION ?
L’interrogation est légitime dans les rues. Lorsqu'une capitale connaît simultanément des difficultés d’accès à l’eau potable et des interruptions répétées d’électricité, la question de la gouvernance du service public finit nécessairement par se poser.
Qui pilote la réponse d’urgence ? Quel est le calendrier précis de retour à une desserte normale ? Quels objectifs ont été fixés aux directions générales ? Quels résultats sont aujourd’hui mesurables ? Et surtout, qui doit rendre des comptes lorsque les engagements ne sont pas atteints ? Ces questions concernent directement le ministre de tutelle, les dirigeants des deux sociétés, les syndicats.
DES PROMESSES AUX RÉSULTATS
Le gouvernement a annoncé des réformes. E²C fait l’objet d’un diagnostic et d’un plan de redressement. La LCDE poursuit ses investissements et ses programmes d’amélioration de la desserte.
Mais entre les documents administratifs et la réalité quotidienne, le fossé est grand et, les responsables doivent le combler.
La population attend moins de discours, de bavardage et de rabâchage du même évangile par le ministre et les DG à la télé. Mais des résultats.
Car lorsqu’un pays arrosé naturellement manque d’eau potable et d’électricité, il n’est plus question de savoir si l’avion peut décoller, mais de savoir si, dans le cockpit, quelqu’un regarde encore les instruments et agit lorsque les voyants passent au rouge.
Le peuple veut savoir qui tient encore les commandes dans le navire énergie et hydraulique alors que le pays ou sa capitale vit sans eau, sans électricité. Des actions pratiques sont attendues.
BRAZZA-NET.CG, vous connaitrez la vérité : +242 06 662 88 75, ebdimix@gmail.com
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