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• ÉLECTIONS 2027 : L’UPADS POSE DES RÈGLES DU JEU AVANT LES URNES

ven. 18 sept. 26

Avant les législatives et les locales, le parti de Pascal Tsaty-Mabiala remet Djambala au centre du jeu et exige l’application immédiate des recommandations sur la gouvernance électorale.

À l’horizon 2027, le Congo doit renouer avec les urnes pour les élections législatives et locales, avant le renouvellement des conseils municipaux et départementaux. Mais pour l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), l’enjeu ne sera pas seulement de fixer une date et d’ouvrir les bureaux de vote.

La vraie bataille, prévient le parti, se joue désormais sur les règles du jeu. Réuni en session extraordinaire à Brazzaville, le bureau politique de l’UPADS a remis sur la table une question qui risque de s’imposer dans le débat politique des prochains mois : que vaut une élection si les conditions de son organisation ne font pas consensus ?

À l’ouverture des travaux, le 11 septembre, le président du Conseil national de l’UPADS, Pascal Tsaty-Mabiala, a demandé la mise en application immédiate des onze recommandations issues de la concertation de Djambala.

DJAMBALA NE DOIT PAS RESTER UN SIMPLE PROCÈS-VERBAL

Pour l’UPADS, il ne s’agit plus de multiplier les concertations, les recommandations et les engagements sans passage à l’acte.

La concertation politique de Djambala, tenue du 16 au 18 février 2026, avait réuni environ 200 participants autour de la gouvernance électorale et du découpage administratif et territorial. Onze recommandations avaient alors été retenues, dont plusieurs reprenaient des engagements issus de la concertation d’Owando de 2021.

Le message de l’UPADS est donc frontal : les recommandations existent ; il faut maintenant les appliquer.

Et le parti ne veut surtout pas attendre les dernières semaines avant le scrutin pour ouvrir ce chantier.

LE PARTI DIT NON AU « FAIT ACCOMPLI »

Dans sa lecture de la situation, l’UPADS redoute que les mêmes difficultés ressurgissent à l’approche des élections : calendrier serré, textes tardivement adoptés, listes électorales, cartes d’électeurs, découpage territorial et conditions matérielles du scrutin.

Le parti estime que les acteurs politiques ne doivent pas être placés devant des décisions déjà arrêtées au motif que le temps manquerait pour mettre en œuvre les recommandations issues des concertations.

Pour l’UPADS, 2027 doit donc se préparer maintenant, et non à quelques semaines du scrutin.

Cette exigence rejoint plusieurs préoccupations déjà exprimées à Djambala, notamment la nécessité d’une application stricte de la loi électorale, de garanties pour le libre choix de l’électeur et de mécanismes permettant d’assurer l’exactitude et la sincérité des résultats.

DÉCOUPAGE : L’AUTRE BOMBE À RETARDEMENT

L’UPADS place également le découpage administratif et territorial au cœur de ses préoccupations.

Le parti réclame la revisitation du cadre légal définissant les critères du découpage administratif, mais aussi la poursuite du processus de découpage et la revisitation des textes instituant le comité technique d’évaluation de la décentralisation, avec sa mise en application effective.

À Djambala, les participants avaient également plaidé pour la valorisation des circonscriptions administratives de base, notamment les quartiers et les villages.

Derrière ces revendications techniques se cache une question éminemment politique : comment organiser des élections locales crédibles si l’architecture territoriale elle-même fait débat ?

LISTES ÉLECTORALES : LE TEMPS DES APPROXIMATIONS DOIT CESSER

Autre exigence, les listes électorales. L’UPADS demande leur établissement à temps ainsi qu’une distribution rigoureuse des cartes d’électeurs. Le parti veut manifestement éviter que cette étape essentielle du processus électoral ne soit traitée dans l’urgence.

Car pour une élection, tout commence par l’électeur. Pas de liste fiable, pas de scrutin pleinement sécurisé. Pas de carte disponible, pas de vote pleinement accessible.

L’UPADS insiste ainsi sur la nécessité de garantir concrètement le libre choix de chaque électeur.

LA BIOMÉTRIE REVIENT SUR LA TABLE

C’est l’une des demandes les plus sensibles : l’introduction de la biométrie électorale. Cette recommandation figurait déjà parmi les propositions issues de Djambala.

Pour l’UPADS, la question n’est donc plus nouvelle. Elle devient surtout une question de calendrier et de mise en œuvre.

Le parti demande également la mise à disposition, en nombre suffisant, des fiches de transcription des résultats le jour du vote.

L’objectif affiché est clair : renforcer la traçabilité du scrutin et limiter les zones d’ombre au moment où les résultats sont établis et compilés.

L’ARGENT AUSSI PASSE AU CRIBLE

L’UPADS ne s’arrête pas aux urnes. Le financement de la compétition électorale figure également au cœur de ses revendications : plafonnement du financement des campagnes, financement des partis politiques et financement de la démocratie.

À cela s’ajoute une autre demande : la réduction des différents cautionnements exigés pour les élections.

Autrement dit, pour l’UPADS, la démocratie ne peut pas seulement être une affaire de bulletins et de bureaux de vote. Elle doit aussi porter sur les conditions financières permettant aux formations politiques et aux candidats de participer à la compétition.

2027 : LE VRAI TEST SERA-T-IL LA PRÉPARATION ?

Le débat est désormais posé. L’UPADS ne demande pas simplement que les élections aient lieu. Elle demande que les conditions de leur organisation soient préparées suffisamment tôt et que les engagements pris à Djambala deviennent des mesures concrètes.

La concertation de février avait déjà fait apparaître plusieurs sujets sensibles : présence des délégués des candidats dans les instances de compilation, éventuelle réécriture de la loi électorale, vote par anticipation, financement des partis, biométrie et vote des Congolais de l’étranger.

Avec la prise de position de Pascal Tsaty-Mabiala, ces questions retrouvent une actualité politique.

Le message de l’UPADS tient finalement en une formule : pas question d’attendre l’ouverture de la campagne pour commencer à parler des règles du jeu.

À quelques mois des législatives et des locales de 2027, le parti veut donc que le gouvernement transforme les recommandations de Djambala en actes.

La prochaine bataille électorale pourrait ainsi commencer bien avant le premier bulletin déposé dans l’urne. Elle se jouera d’abord autour de la gouvernance du scrutin.

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