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CONNAISSEZ-VOUS CES COMPATRIOTES QUI NOUS DIRIGENT : ANATOLE COLLINET MAKOSSO (ACM) OU L’ASCENSION D’UN HOMME D’ÉTAT

mer. 16 sept. 26

Du tableau noir aux amphithéâtres, des prétoires aux cabinets de décision, jusqu’à la Primature : quatre décennies d’un parcours construit au croisement du droit, du savoir et de l’action publique.

Anatole Collinet Makosso (ACM) est une trajectoire qui ne se lit pas comme un curriculum vitae, mais qui raconte une époque. Né le 11 mars 1965 à Pointe-Noire, il s’est progressivement imposé dans le paysage public congolais à travers des univers professionnels qui, en apparence, auraient pu rester éloignés les uns des autres : l’enseignement, la magistrature, le conseil politique, l’administration, la recherche universitaire et, finalement, la haute responsabilité gouvernementale.

Aujourd’hui Premier ministre, chef du gouvernement de la République du Congo, il porte derrière lui près de quatre décennies d’expérience dans la chose publique. Son histoire commence pourtant loin des palais officiels.

LE PROFESSEUR AVANT LE POLITIQUE

En 1986, Anatole Collinet Makosso obtient son baccalauréat pédagogique et entre dans l'enseignement. Pendant plus d'une décennie, il connaît la réalité quotidienne de l'école congolaise. Instituteur puis professeur de lycée à Brazzaville et à Pointe-Noire, il découvre le pays à travers ses salles de classe, ses enseignants, ses élèves et les défis d'un système éducatif en construction.

Cette première expérience n'est pas un simple épisode de jeunesse. Elle deviendra l'un des fils conducteurs de son parcours. Lorsqu'il revient plus tard aux commandes du ministère chargé de l'enseignement primaire, secondaire et de l'alphabétisation, il retrouve un univers professionnel qu'il connaît de l'intérieur. Entre-temps, le pédagogue a changé de trajectoire.

DU DROIT À LA MAGISTRATURE

Après une licence en droit public obtenue en 1990, il s'engage dans l'administration puis dans la magistrature. En 1991-1992, il est conseiller politique puis directeur de cabinet du préfet du Kouilou. Il poursuit sa formation à l'École nationale d'administration et de magistrature, où il obtient son diplôme de magistrature entre 2000 et 2003.

Le juriste devient alors magistrat. De 2003 à 2011, il exerce comme substitut du procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville. Cette immersion dans l'appareil judiciaire va durablement marquer sa pensée.

Le droit devient chez lui à la fois une profession, une discipline universitaire et une grille de lecture des rapports entre l'État, les institutions et la société.

LE CONSEILLER DANS LES COULISSES DU POUVOIR

Parallèlement à son parcours judiciaire, Anatole Collinet Makosso évolue dans les sphères de la Présidence de la République. De 1998 à 2011, il exerce notamment comme conseiller technique du président de la République et directeur de cabinet de l'épouse du chef de l'État.

Il découvre alors une autre dimension de l'action publique : celle des arbitrages, des stratégies institutionnelles et de la préparation de la décision. Le magistrat devient progressivement un homme de dossiers. Cette expérience constituera l'un des fondements de sa future carrière gouvernementale.

L’UNIVERSITAIRE QUI RESTE DANS L’ACTION

Chez Anatole Collinet Makosso, la politique publique ne semble jamais complètement éloignée de la réflexion académique. Son parcours universitaire s'approfondit avec un diplôme de troisième cycle en relations internationales approfondies, obtenu à Paris, puis un certificat d'études diplomatiques au Caire.

En 2010, il soutient à l'Université Paris II Panthéon-Assas une thèse de doctorat en droit international pénal consacrée au terrorisme et à son traitement par le droit international. Le sujet est révélateur de ses centres d'intérêt : terrorisme, conflits, sécurité internationale, responsabilité juridique et fonctionnement des institutions internationales. Depuis 2010, il est également présenté comme enseignant-chercheur à l'Université Marien-Ngouabi, en position de mise en disponibilité du fait de ses responsabilités publiques.

LA PLUME COMME AUTRE TERRAIN D’ACTION

À côté du responsable public se dessine un Makosso auteur. Son nom est associé à plusieurs ouvrages consacrés au droit, à la politique, aux relations internationales, aux élections, à la jeunesse, aux conflits et aux grandes questions de société.

Parmi ses publications figurent, Droit de regard, témoignage d’un messager du Congo-Brazzaville ; L’affaire des disparus du Beach de Brazzaville, mises au point pour l’histoire ; Comprendre les élections, petit traité électoral à l’usage du citoyen francophone ; La diplomatie civile et humanitaire, la dynamique genre et le règlement des conflits en Afrique ; Le consensualisme dans la Constitution congolaise du 25 octobre 2015 commentée article par article  et Le génocide en droit à l’épreuve du génocide de l’émotion.

À travers ces publications, le responsable politique se double d'un observateur de la société et des mutations de son environnement institutionnel.

LA JEUNESSE, UN FIL ROUGE

Il existe un autre marqueur constant dans sa trajectoire : la jeunesse. Avant même son entrée au gouvernement, Anatole Collinet Makosso s'investit dans des initiatives consacrées à son encadrement. Depuis 2008, il préside la Concertation pour l'Encadrement de la Jeunesse, avec des programmes portant notamment sur le civisme, le patriotisme, l'entrepreneuriat et l'initiative privée.

Lorsqu'il devient ministre de la Jeunesse et de l'Éducation civique en 2011, il retrouve donc une problématique qu'il travaille déjà depuis plusieurs années. Son expérience africaine s'élargit ensuite. De 2012 à 2014, il préside la Conférence des ministres de la Jeunesse de l'Union africaine. De 2014 à 2016, il prend la présidence du Comité technique spécialisé Jeunesse, Culture et Sport de l'Union africaine.

La jeunesse congolaise devient ainsi, dans son parcours, une préoccupation nationale mais aussi un sujet inscrit dans l'agenda continental.

L’ÉDUCATION COMME RETOUR AUX SOURCES

En août 2015, son portefeuille ministériel est élargi à l'enseignement primaire et secondaire, à l'alphabétisation, à la jeunesse et à l'éducation civique. En avril 2016, il devient ministre de l'Enseignement primaire, secondaire et de l'Alphabétisation.

C'est une forme de retour aux sources. L'ancien instituteur et professeur de lycée se retrouve désormais chargé de piloter, au niveau gouvernemental, un secteur dans lequel il avait commencé sa vie professionnelle. Le parcours dessine alors une boucle presque parfaite : de l'école à l'État, puis de l'État à la responsabilité de l'école.

DE L’EXPÉRIENCE À LA PRIMATURE

Lorsque Anatole Collinet Makosso accède à la fonction de Premier ministre en 2021, il arrive à la tête du gouvernement avec un parcours déjà long dans l'appareil d'État.

Magistrat de formation, universitaire, auteur, ancien conseiller à la Présidence de la République, ancien ministre de la Jeunesse, puis de l'Éducation, il dispose d'une expérience construite dans plusieurs compartiments de la vie publique.

La Primature devient ainsi le point de convergence de ces différentes expériences.

Le juriste y rencontre l'administrateur. L'universitaire y retrouve le politique. L'ancien enseignant y croise le gestionnaire des politiques publiques. Et l'auteur devient, à son tour, acteur des dossiers qu'il avait longtemps analysés dans ses livres et ses travaux.

L’HOMME AUX MULTIPLES VISAGES

Anatole Collinet Makosso est difficile à enfermer dans une seule étiquette professionnelle. Il a été enseignant avant d'être magistrat. Magistrat avant d'être conseiller. Conseiller avant d'être ministre. Ministre avant de devenir chef du gouvernement. Et, tout au long de ce parcours, il est resté universitaire et auteur. Cette pluralité constitue la singularité de son itinéraire. Son parcours raconte surtout une longue familiarité avec l'État congolais, ses institutions et ses transformations.

À la tête du gouvernement, il se trouve désormais au point où convergent les différentes étapes de cette trajectoire : le droit, l'éducation, la jeunesse, la diplomatie, la réflexion stratégique et la décision publique.

UN PARCOURS, UNE SIGNATURE

Au-delà des titres et des fonctions, la trajectoire d'Anatole Collinet Makosso se lit comme celle d'un professionnel de l'État ayant progressivement élargi son champ d'action ; enseigner, juger, conseiller, penser, administrer et gouverner.

Une trajectoire qui commence dans l'école, traverse les tribunaux, les universités, les institutions africaines et les cabinets de décision, pour aboutir à la Primature.

De la craie du professeur à la plume du juriste, du prétoire au Conseil des ministres ; Anatole Collinet Makosso aura traversé plusieurs visages de l'État congolais.

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