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MILITAIRES CAPTURÉS, INCURSIONS, GRAND BANDITISME : L’UPADS DÉFIE LE GOUVERNEMENT

mar. 15 sept. 26

La situation sécuritaire du Congo inquiète l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS). La machine politique léguée par le professeur Pascal Lissouba, interpelle directement le gouvernement sur la sécurité des frontières, les incidents avec les pays voisins et les méthodes utilisées contre le grand banditisme en milieu urbain.

Pour l’UPADS, les difficultés économiques et sociales auxquelles le Congo doit faire face sont désormais accompagnées d’une autre menace. Une vulnérabilité sécuritaire qui, selon le parti, expose la souveraineté nationale.

MAKOTIMPOKO : DES TIRS QUI FONT DÉBAT

Le parti revient notamment sur les récents incidents sur le fleuve Congo entre les forces congolaises et celles de la République démocratique du Congo.

Selon l’UPADS, un échange de tirs aurait opposé des patrouilles de la marine et de la gendarmerie congolaises à des éléments de la marine congolaise de RDC, notamment dans la zone de Makotimpoko, tandis que des incidents étaient également signalés du côté de Yumbi.

Le parti évoque des pertes en vies humaines dans les deux camps, ainsi que la capture de militaires congolais, finalement ramenés au Congo à la suite de négociations.

Pour l’UPADS, l’affaire dépasse largement le simple incident frontalier. « Le Gouvernement devrait prendre toutes les dispositions pour éviter ce genre de drame », estime le parti, qui réclame notamment un renforcement de la sécurité sur les frontières fluviales.

NOTRE SOUVERAINETÉ EST-ELLE EN CAUSE ?

La formation politique ne s’arrête pas au dossier Makotimpoko. Elle remet également sur la table les tensions frontalières avec l’Angola. L’UPADS rappelle les incursions de l’armée angolaise en territoire congolais, notamment celles d’octobre 2013 dans la zone de Kimongo, dans le Niari, à moins de 50 kilomètres de Dolisie, dans le contexte d’opérations liées notamment à la poursuite de combattants du Front de libération de l’enclave du Cabinda.

Le parti affirme que plusieurs militaires congolais avaient alors été interpellés ou capturés avant d’être libérés à la suite de tractations diplomatiques.

D’où une interrogation particulièrement corrosive : « Notre pays a-t-il perdu sa souveraineté ou est-il dépourvu de stratégie et de logistique pour assurer la sécurité de ses frontières ? » Une question qui place directement le gouvernement devant ses responsabilités.

OÙ VONT LES RESSOURCES DE LA DÉFENSE ?

L’UPADS pousse davantage le raisonnement en s’interrogeant sur les moyens consacrés à la défense et à la sécurité. Pour le parti, même dans un contexte de difficultés financières, les budgets consacrés à ces secteurs ont été maintenus afin de permettre aux forces de défense et de sécurité d’assurer leur mission.

Le parti veut donc savoir ce que deviennent ces ressources et pourquoi, malgré les moyens budgétaires annoncés, des militaires congolais peuvent encore être capturés ou confrontés à des forces étrangères sur les frontières nationales. « Où vont donc ces importantes ressources ? », demande frontalement l’UPADS.

Une interrogation qui risque de nourrir le débat sur l’efficacité de la politique sécuritaire du Congo.

ZÉRO KULUNA : LA LUTTE CONTRE LE CRIME SOUS PRESSION

Autre dossier explosif, l’opération spéciale dite « zéro Kuluna », engagée depuis octobre 2025 pour lutter contre le grand banditisme en milieu urbain.

L’UPADS reconnaît le caractère populaire de cette opération auprès d’une partie de la population confrontée quotidiennement aux violences et aux actes de criminalité. Mais le parti estime que cette lutte ne peut pas se faire au détriment des droits fondamentaux.

C’est ici que la déclaration prend une tournure particulièrement offensive. Selon l’UPADS, « l’État semble élaborer une nouvelle doctrine qui consiste à éradiquer la criminalité en commettant lui-même des crimes ».

Le parti dénonce ainsi ce qu’il considère comme des atteintes au droit à la vie et aux garanties fondamentales reconnues par la Constitution et les engagements internationaux du Congo.

L’UPADS PROVOQUE LE DÉBAT SUR LA PEINE DE MORT

Face à cette situation, l’UPADS avance une proposition pour le moins radicale. Si le gouvernement considère effectivement que l’élimination physique des présumés criminels constitue la réponse appropriée au grand banditisme, alors le parti propose d’aller jusqu’au bout de cette logique : rétablir officiellement la peine de mort.

« Si le Gouvernement est convaincu que le meilleur moyen de lutter contre la criminalité est de tuer les présumés criminels, alors l’UPADS propose d’apporter un amendement à la Constitution afin de rétablir la peine de mort », affirme le parti.

Une proposition volontairement provocatrice, qui vise à mettre en évidence, selon l’UPADS, la contradiction entre une politique sécuritaire extrêmement répressive et les engagements juridiques du Congo en matière de protection de la vie et de dignité humaine.

DES PROCÈS AVANT L’EXÉCUTION

L’UPADS précise toutefois que le rétablissement de la peine capitale devrait, dans sa vision, être accompagné de procédures judiciaires transparentes.

Le parti propose que les personnes poursuivies soient jugées dans le respect des droits de la défense et des procédures légales avant toute éventuelle condamnation.

Le débat posé par l’UPADS est donc double : comment protéger les Congolais contre le grand banditisme sans transformer la lutte contre le crime en une justice expéditive ? Et comment garantir la souveraineté du Congo alors que des incidents continuent d’éclater sur certaines de ses frontières ?

À travers Makotimpoko, les relations avec la RDC et l’Angola, mais aussi l’opération zéro Kuluna, l’UPADS ouvre ainsi un front politique sur la question sécuritaire.

Et surtout, le parti pose une question qui risque de faire du bruit, un État peut-il prétendre garantir la sécurité de ses citoyens s’il peine à sécuriser ses frontières et si sa réponse au crime fait elle-même l’objet de controverses sur le respect du droit ?

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