C’est un coup de tonnerre à Djiri. Le gouvernement hausse le ton contre les occupants qualifiés d’« anarchiques et illégaux » du périmètre abritant l’unité de production d’eau potable de Djiri et l’exhaure de La Congolaise des Eaux (LCDE).
Une mise en demeure de 45 jours vient d’être officiellement brandie. Après le 14 octobre 2026, la puissance publique annonce qu’elle passera à l’acte.
LE COMPTE À REBOURS EST LANCÉ
Cette fois, le message est sans ambiguïté. À travers un acte portant mise en demeure préalable au déguerpissement, le ministre des Affaires foncières et du Domaine public met les occupants concernés devant une échéance précise : 45 jours pour libérer les lieux.
Le délai court du 31 août au 14 octobre 2026 inclus. Passé cette date, l’administration annonce clairement la couleur : le déguerpissement sera engagé sans nouvel avis, conformément aux dispositions légales invoquées dans l’acte. Autrement dit, le compte à rebours est désormais lancé.
DJIRI : UN SITE STRATÉGIQUE DANS LE COLLIMATEUR
Le périmètre concerné n’est pas un terrain ordinaire. Il s’agit du site situé au lieu-dit « Djiri-pont, quartier Manianga », dans le 9ᵉ arrondissement de Brazzaville, où sont implantées l’unité de production d’eau potable de Djiri et les installations d’exhaure de la LCDE.
Selon l’acte ministériel, ce site appartient à l’État congolais et aurait été acquis par voie d’expropriation pour cause d’utilité publique.
L’argument avancé par les autorités est donc particulièrement lourd : protéger une infrastructure stratégique destinée à la production et à l’approvisionnement en eau potable.
OCCUPANTS ANARCHIQUES ET ILLÉGAUX
Le mot est lâché et le ton de l’administration ne laisse guère de place au doute. Les personnes installées dans le périmètre sont désignées dans l’acte comme des « occupants anarchiques et illégaux ».
Une qualification qui risque évidemment de faire grincer des dents, notamment chez ceux qui pourraient contester leur statut foncier ou considérer disposer de droits sur les parcelles concernées.
Mais pour le ministère, la situation serait tranchée par les procédures foncières déjà engagées.
L’acte cite notamment un procès-verbal de traçabilité foncière dressé le 12 juin 2023 par l’administration du cadastre national foncier.
L’ADMINISTRATION BRANDIT LE CODE FONCIER
Pour justifier sa décision, le ministère s’appuie sur plusieurs textes législatifs et réglementaires.
L’acte rappelle notamment le principe selon lequel les biens du domaine public de l’État sont protégés et ne peuvent faire l’objet d’une appropriation privée dans les conditions ordinaires.
Il invoque également la loi n°21-2018 du 13 juin 2018 relative à l’occupation et à l’acquisition des terres et terrains.
C’est surtout l’article 33 qui se retrouve au cœur de la procédure : lorsqu’une occupation est déclarée illégale à l’issue d’une enquête sanctionnée par un procès-verbal de traçabilité foncière, le texte prévoit une procédure de déguerpissement administratif après une mise en demeure de 45 jours restée infructueuse. Le gouvernement estime donc avoir franchi l’étape préalable.
APRÈS LE 14 OCTOBRE : PLACE À LA PUISSANCE PUBLIQUE
C’est probablement la phrase la plus lourde de conséquences contenue dans le document. Passé le délai fixé, l’État annonce qu’il procédera « immédiatement » à l’exécution de la procédure de déguerpissement.
L’objectif affiché est de permettre la « restauration de l’autorité de l’État ». Une formule forte, qui donne à cette affaire une dimension dépassant largement le seul contentieux foncier.
Le message adressé aux occupants est que le délai est accordé pour partir volontairement ; après, l’administration entend reprendre la main.
LA QUESTION QUI FÂCHE
Mais derrière cette mise en demeure, une question risque de rapidement s’imposer dans le débat public celle de savoir ce que deviendront les personnes actuellement installées dans cette zone.
Le document met l’accent sur le caractère illégal des occupations et sur la protection du domaine public. Il reste cependant à connaître, dans le détail, la situation individuelle des différents occupants, les éventuelles contestations et les modalités concrètes d’un éventuel déguerpissement.
Car derrière les parcelles et les textes juridiques, il y a aussi des familles, des habitations et des intérêts particuliers.
LES ILLEGAUX SOUS PRESSION
Après plusieurs années de procédure foncière évoquées dans l’acte, l’État vient de fixer une date butoir. Le 14 octobre 2026 est l’échéance. Si les occupants concernés n’ont pas quitté les lieux, le gouvernement annonce vouloir engager la procédure de déguerpissement prévue par la loi.
Le bras de fer pourrait donc commencer. Et à Djiri, le prochain épisode risque d’être beaucoup plus spectaculaire que la simple notification d’un document administratif. 45 jours. Pas un de plus, si l’on en croit la mise en demeure.
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