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ADEN : ONDONGO DÉMISSIONNE, LES DOCUMENTS L’ACCABLENT ET UN AN DE GUERRE INTERNE ÉCLATE AU GRAND JOUR

dim. 13 sept. 26

La démission de Christ Rachid Rodrigue Ondongo, directeur de la réglementation et du contentieux de l’Agence de développement de l’économie numérique (ADEN), n’est pas à un simple départ administratif.

Derrière la lettre adressée au premier ministre, zappant sa propre hiérarchie administrative incarnée par le ministre de tutelle Nzé, se dessine un conflit ouvert avec la hiérarchie, dont les premières traces documentées remontent à 2025.

Un an avant cette démission, le directeur général de l’ADEN, Alex Gouloubi avait déjà saisi le ministre de tutelle de l’époque, Léon Juste Ibombo qui serait très proche de Christ Ondongo, pour dénoncer des faits qu’il qualifiait de graves. Deux récits, deux versions et la même question revient, que se passe-t-il réellement à l’ADEN.

UNE DÉMISSION QUI MET LE FEU AUX POUDRES

Le 28 août 2026, Christ Rachid Rodrigue Ondongo jette l’éponge. Dans sa lettre de démission hors circuit règlementaire, il explique que sa décision intervient après une dégradation progressive de ses conditions de travail et dénonce un déficit de communication avec la direction générale, une prise de décisions qu’il juge opaque et la mise à l’écart de sa direction de certaines missions relevant de ses attributions.

Le directeur démissionnaire déballe des divergences sur la vision et la conduite de l’agence et fustige qu’aucune réunion de l’équipe managériale n’aurait été organisée depuis le début de l’année pour élaborer le programme d’activités et définir une vision stratégique.

« Ma direction n’a délibérément aucun dossier à traiter », déplore-t-il affirmant que les conditions seraient devenues incompatibles avec l’exercice normal de ses responsabilités.

MAIS LE DOSSIER NE COMMENCE PAS AVEC LA DÉMISSION

La direction générale raconte une tout autre histoire. Dans une correspondance adressée au ministre des postes, des télécommunications et de l’économie numérique, le directeur général Alex Gouloubi expose une série de griefs visant Christ Ondongo.

Un an avant, le courrier faisant état de 25 jours d’absences injustifiées sur une période de trois mois, de retards répétés et d’un temps de présence jugé insuffisant.

Le directeur général affirmait qu’il avait attiré l’attention du concerné dès le 24 juillet 2025, sur ce comportement qu’il considérait contraire aux obligations professionnelles. Puis, le ton monte.

DEMANDE D’EXPLICATIONS, PUIS MISE À PIED

Face aux faits reprochés, une demande d’explications est adressée à Ondongo le 10 décembre 2025. Selon le directeur général, les réponses fournies n’auraient pas permis de justifier les absences constatées.

La direction générale décide alors d’infliger une mise à pied disciplinaire de huit jours ouvrables, notifiée le 17 décembre 2025. Mais cette sanction va provoquer un nouvel épisode dans le bras de fer.

Des documents authentifiés renseignent que le jour même de la notification, Christ Ondongo avait contesté la mesure et tenu des propos jugés malveillants et attentatoires à l’autorité hiérarchique. Le lendemain, il se serait présenté sur son lieu de travail malgré la mise à pied et aurait voulu accéder à son bureau.

JE N’OBÉIS QU’AUX ORDRES DU MINISTRE

La phrase qui fait polémique. Le document rapporte plusieurs propos attribués au directeur de la réglementation et du contentieux. Parmi eux on peut lire des propos attribués au démissionnaire du genre, « je n’ai rien à foutre avec votre DG. Je ne rappellerai pas ». Ou encore, « j’obéis seulement aux ordres du ministre et personne d’autre ne peut me commander ».

Et cette autre déclaration, particulièrement lourde de sens dans une administration, « il ne peut pas me suspendre ». D’autres propos sont également consignés dans la correspondance dont, « je dois travailler sinon je vais chez le ministre ». Et, « je suis de la famille royale ».

Ces déclarations sont présentées comme des éléments constitutifs d’une faute lourde et comme une atteinte à l’autorité.

UN AN PLUS TÔT, LE MINISTRE ETAIT SAISI

C’est ici que le dossier prend une autre dimension. La démission actuelle intervient alors que plusieurs mois auparavant, le ministre de tutelle était saisi au sujet du comportement et des relations professionnelles avec le même cadre.

Autrement dit, la crise n’est pas née avec la lettre de démission. Elle était déjà documentée dans les échanges administratifs de l’ADEN.

D’un côté, le directeur démissionnaire décrit un environnement professionnel dans lequel ses compétences et ses prérogatives auraient été progressivement neutralisées. De l’autre, la Direction générale présente une succession de manquements professionnels, de contestations et d’incidents disciplinaires.

Deux versions qui s’entrechoquent. Et au milieu, une agence publique dont le fonctionnement interne soulève désormais de sérieuses interrogations.

DÉMISSION : DROIT PERSONNEL, MAIS PAS HORS PROCÉDURE

À cette querelle de fond s’ajoute désormais une bataille sur la procédure. La lettre de démission a été adressée directement au Premier ministre. Or, le rappel publié dans le dossier insiste sur la nécessité de respecter le circuit administratif applicable aux relations de travail au sein des organismes publics.

Le document rappelle que la convention collective applicable à l’ADEN encadre les conditions de rupture de la relation de travail et que son article 52 prévoit des règles relatives au préavis.

La question devient donc sensible, une démission peut-elle simplement contourner la chaîne administrative interne pour atterrir directement à la Primature ?

Le principe rappelé dans le document est que « démissionner est un droit ; démissionner selon la procédure applicable est une obligation administrative ».

QUI DIT VRAI ET QUI A DÉPASSÉ LES LIMITES ?

Le démissionnaire affirme avoir été progressivement privé des moyens d’exercer ses responsabilités. La direction générale affirme, documents à l’appui, avoir engagé une procédure disciplinaire après des manquements professionnels et avoir ensuite saisi le ministre de tutelle.

Mais, le malaise à l’ADEN ne date pas d’hier. La succession des correspondances, des demandes d’explications, de la sanction disciplinaire, de la contestation puis de la démission donne l’image d’un conflit qui s’est installé dans la durée avant d’éclater au grand jour.

ET APRES ?

Une direction générale accusée de décisions opaques par l’un de ses responsables. Un cadre accusé, en retour, de manquements professionnels, d’insubordination et de comportements graves. Une sanction disciplinaire contestée. Une démission adressée au sommet de l’exécutif, en violation des textes et des rappels récents du président de la République parlant des subordonnés face aux supérieurs hiérarchiques. 

« Le subordonné doit obéir sans hésitation ni murmure. La réclamation n’est permise au subordonné que lorsqu’il a obéi », insiste Denis Sassou N’Guesso. Christ Ondongo a-t-il vraiment et réellement obéi ? 

Le problème n’est donc plus de savoir qui partira ou qui restera. Etant donné que Christ Ondongo ait décidé de sceller son destin à l’ADEN en démissionnant auprès du premier ministre, reste à imaginer quel pourrait être la suite de sa carrière d’autant plus que le premier ministre qui fait du rétablissement de l’autorité de l’Etat l’une des priorités de l’action publique, n’oublie pas qu’elle passe aussi par le respect des textes.

Les changements intervenus à la tête du ministère ne joueraient non plus en faveur du directeur démissionnaire présenté sous certains cieux comme protégé du ministre des postes, télécoms et de l’économie numérique sorti.

Le nouveau, Nzé n’aurait rien à voir avec un jeune cadre qui l’aurait méconnu et qui n’aurait même pas eu la courtoisie de consulter ses congénères du Conseil consultatif de la jeunesse devenus membres du gouvernement.

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