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CLINIQUES JURIDIQUES : UNE NOUVELLE EXPERIENCE JUDICIAIRE A LA PORTEE DES PLUS VULNÉRABLES

mar. 14 juil. 26

C’est une expérience inédite de justice de proximité très révolutionnaire. Telle qu’elle est conçue et présentée, la justice pourrait donc quitter enfin les tribunaux pour s'installer au cœur des quartiers en République du Congo.

C'est le pari du Projet pilote d'accès à la justice pour les femmes et les populations vulnérables, lancé le 14 juillet 2026, à Brazzaville par le garde des sceaux, ministre de la justice, des droits humains et de la promotion des peuples autochtones, Ange Aimé Wilfrid Bininga.

DES AVOCATS AU PLUS PRÈS DES CITOYENS

Portée par l'Association des femmes juristes du Congo (AFJC), avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), cette initiative prévoit l'ouverture de cliniques juridiques et communautaires dans les mairies d'arrondissement de la capitale, avant un déploiement progressif sur l'ensemble du territoire national.

QUAND LA JUSTICE FRAPPE À LA PORTE DES DÉMUNIS

Ces structures de proximité auront une mission simple mais essentielle : informer, écouter, conseiller et accompagner gratuitement les citoyens confrontés à des difficultés juridiques.

Les premières bénéficiaires seront les femmes victimes de violences, de discriminations ou d'injustices, ainsi que les populations les plus vulnérables, souvent éloignées des services judiciaires.

Au-delà des consultations, ces cliniques deviendront également des espaces d'éducation juridique destinés à prévenir les conflits, promouvoir les droits humains et renforcer la cohésion sociale.

ACCÈS À LA JUSTICE, UN DROIT

Pour le ministre de la Justice pour qui la justice est le socle de tout État de droit, « l'accès à la justice est un droit effectif dont chaque citoyen est appelé à bénéficier, sans distinction de sexe, de condition sociale, de lieu de résidence ou d'appartenance communautaire ».

Le garde des sceaux a salué une initiative qui vient renforcer les efforts du gouvernement en faveur de la protection des citoyens. Il a notamment évoqué les réformes majeures déjà engagées, parmi lesquelles la loi Mouebara sur les violences faites aux femmes et aux filles, la loi relative à la protection et à la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap.

« Ce sont des avancées qui traduisent l'engagement de l'État à assurer à chacun l'accès à une justice impartiale et à promouvoir une société fondée sur l'égalité, la dignité et le respect des droits humains », a souligné Ange Aimé Wilfrid Bininga. 

Il a, par ailleurs, assuré l'AFJC du soutien du ministère et encouragé ses membres à poursuivre leur mission avec professionnalisme et détermination.

LE PNUD TIRE L’ALARME

La Représentante résidente du PNUD, Adama Dian Barry, a dressé un tableau préoccupant de l'accès des femmes à la justice dans le monde.

« Seulement 35 % des femmes estiment avoir accès à la justice, contre 44 % des hommes. Moins de 40 % des femmes victimes de violences signalent les faits et moins de 10 % portent plainte auprès de la police », a-t-elle indiqué.

Pour elle, ce projet constitue une réponse concrète aux engagements internationaux en faveur de l'égalité des sexes et des Objectifs de développement durable.

« Garantir l'accès des femmes aux services de justice, c'est renforcer leur protection, favoriser leur participation à la vie publique et consolider la confiance des citoyens envers les politiques publiques », a insisté la représentante du PNUD.

DES CONSULTATIONS GRATUITES

Le projet repose sur plusieurs leviers destinés à lever les barrières financières, géographiques et culturelles qui freinent l'accès à la justice. Il prévoit notamment la vulgarisation des textes de loi, des consultations juridiques gratuites, une assistance judiciaire et la facilitation de l'aide juridictionnelle au profit des personnes les plus démunies.

Fondée il y a 35 ans, l'Association des femmes juristes du Congo s'est déjà illustrée dans plusieurs réformes majeures, notamment sa contribution à la modernisation du code de la famille.

Aux côtés du bureau du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'homme, le PNUD réaffirme ainsi son engagement à accompagner le Congo dans la construction d'une justice plus accessible, plus proche des citoyens et plus inclusive.

BRAZZA NET MEDIA des droits de l’Homme : +242 06 662 88 75, ebdimix@gmail.com