DU PAPIER AU NUMÉRIQUE : LA CNTR RÉVOLUTIONNE L'ÉVALUATION DES FINANCES PUBLIQUES
La Commission nationale de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (CNTR), avec l'appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a lancé, le 14 juillet à Brazzaville, le processus d'évaluation de l'application du Code de transparence et de responsabilité dans la gestion des finances publiques (ECTR 2025).
Une dynamique supplémentaire dans la modernisation de la gestion de ses finances publiques.
UNE ÉVALUATION NATIONALE
Deux journées de sensibilisation et de formation réunissent les administrations publiques, les collectivités locales, les établissements publics ainsi que les partenaires techniques et financiers autour du renforcement de la transparence, de la redevabilité et de la bonne gouvernance.
Cette deuxième évaluation nationale qui couvre les exercices budgétaires 2023, 2024 et 2025, s’inscrit dans la continuité de celle réalisée en 2024 sur les exercices 2020 à 2022, dont les conclusions avaient permis d'identifier les principales faiblesses du système national de gouvernance financière et d'alimenter le plan stratégique 2025-2029 de la CNTR.
VIRAGE DU NUMÉRIQUE
L'ECTR 2025 est particulière du fait qu’elle mise sur la digitalisation complète du processus d'évaluation. Désormais, la collecte, le traitement et l'analyse des données seront effectués à travers une plateforme numérique développée avec l'appui technique du cabinet BMP Economic Consulting.
Cette innovation ambitionne d'améliorer la qualité, la rapidité, la traçabilité et la fiabilité des informations recueillies auprès des administrations publiques tout en facilitant l'accès des citoyens aux résultats. Le système s'appuie sur la méthodologie internationale PEFA, référence mondiale en matière d'évaluation de la gestion des finances publiques.
ENJEU, LE DÉVELOPPEMENT
Dans son mot de bienvenue, la maire de l'arrondissement 3 Potopoto, Lucie Okemba née Boukakas Ndela, a salué le choix porté sur cet arrondissement historique pour accueillir cette rencontre consacrée à la gouvernance publique. En déclarant, « la tenue de ces assises à Potopoto témoigne de la volonté de notre pays de consolider la transparence et la redevabilité dans l'action publique ».
Reprenant une célèbre citation de Kofi Annan, elle a rappelé que « la bonne gouvernance est peut-être le facteur le plus important dans l'éradication de la pauvreté et la promotion du développement », soulignant que cette évaluation permettra d'identifier les insuffisances et de formuler des recommandations destinées à améliorer durablement la gestion des finances publiques.
LE PNUD, UN PARTENAIRE
Représentant la représentante résidente du PNUD au Congo, son envoyé spécial a insisté sur l'importance stratégique de cette évaluation dans le processus de réforme engagé par le Congo. Pour le PNUD, la transparence, la redevabilité et l'intégrité dans la gestion des finances publiques sont des conditions indispensables pour garantir l'efficacité des politiques publiques et renforcer la confiance entre l'État, les citoyens et les partenaires au développement.
Le représentant du PNUD a salué l'engagement du Congo dans la mise en œuvre du Code de transparence adopté en 2017 conformément aux directives de la CEMAC. Selon lui, l'ECTR 2025 permettra non seulement de mesurer les progrès accomplis, mais également d'orienter les prochaines réformes.
Il a par ailleurs mis en avant la modernisation du dispositif grâce à la plateforme numérique en affirmant que « la transparence n'est pas une fin en soi ; elle est un chemin qui conduit à la confiance, à la responsabilité et au développement durable ».
Réaffirmant le soutien du PNUD, il a appelé l'ensemble des administrations, collectivités, institutions de contrôle, secteur privé et société civile à faire de cette évaluation un véritable levier de transformation de la gouvernance publique.
LEVIER POUR LES RÉFORMES
Le président de la CNTR, Joseph Mana Fouafoua, a rappelé que le Code de transparence, institué par la loi organique n°10-2017 du 9 mars 2017, constitue l'un des piliers des réformes communautaires engagées au sein de la CEMAC.
Selon lui, « la bonne gouvernance financière est devenue une exigence incontournable pour améliorer le financement du développement, renforcer les recettes publiques et accroître l'efficacité des dépenses de l'État ».
Il a rappelé que la CNTR, créée en 2019, a notamment pour mission de veiller à la stricte application du Code, de promouvoir les meilleures pratiques, de conduire des études, de diligenter des enquêtes en cas de violation des règles de transparence et de produire des évaluations destinées à orienter les politiques publiques.
Le président de la CNTR a aussi souligné que les travaux récents du comité d'experts de la CEMAC, tenus à Brazzaville du 29 juin au 2 juillet 2026, confirment l'importance croissante accordée à la transparence financière dans l'espace communautaire.
APPEL À LA MOBILISATION
Joseph Mana Fouafoua a insisté sur les bénéfices attendus de la digitalisation du processus d'évaluation en affirmant, « cette innovation améliorera la qualité, la fiabilité, la rapidité et la traçabilité des données tout en renforçant la crédibilité des résultats produits ».
Il a invité les points focaux désignés dans les ministères, institutions, collectivités locales et établissements publics à suivre avec assiduité la formation organisée durant le séminaire afin d'assurer le succès de cette deuxième évaluation nationale.
Le président de la CNTR a enfin lancé un appel aux partenaires techniques et financiers pour accompagner l'institution dans la mise en œuvre de son plan stratégique jusqu'en 2029.
Reprenant une autre pensée de Kofi Annan, il a conclu, « si la mauvaise gouvernance et la corruption sont un fléau, la transparence peut être un bon médicament ».
POUR UNE CULTURE DE LA TRANSPARENCE
Au-delà de l'exercice d'évaluation, l'ECTR 2025 ambitionne de mesurer les progrès réalisés depuis la première édition, de comparer les performances des administrations publiques et de formuler des recommandations destinées à renforcer la responsabilité des gestionnaires publics.
Les rapports qui seront produits constitueront un outil stratégique d'aide à la décision pour le gouvernement, les partenaires au développement et l'ensemble des institutions publiques.
À travers cette démarche, le Congo entend poursuivre la modernisation de sa gouvernance financière et renforcer la confiance des citoyens comme des bailleurs de fonds dans la gestion des ressources publiques.
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