JEAN PAUL PIGASSE : LA PRESSE CONGOLAISE PLEURE CELUI QUI A CHANGÉ LE VISAGE DES MÉDIAS
Brazzaville a vécu, le 13 juillet, une soirée chargée d'émotion en mémoire de Jean-Paul Pigasse, fondateur de l'Agence d'information d'Afrique centrale (ADIAC) et du quotidien Les Dépêches de Brazzaville, décédé trois jours plus tôt en France.
Né le 15 avril 1939 à Toulouse, ce journaliste, éditeur et entrepreneur de presse français avait fait du Congo-Brazzaville sa terre d'engagement professionnel et humain pendant près de trois décennies. Journalistes, autorités politiques, diplomates, écrivains et personnalités de la société civile se sont réunis au siège des Dépêches de Brazzaville pour saluer la mémoire de celui qui a profondément marqué le paysage médiatique congolais.
UNE FIGURE DE LA PRESSE
La cour des Dépêches de Brazzaville et la librairie Les Manguiers, spécialement aménagées pour cette veillée de presse, ont accueilli une foule venue témoigner de son attachement à un homme considéré comme l'un des bâtisseurs de la presse moderne en République du Congo.
Arrivé au Congo-Brazzaville dans les années 1990, Jean-Paul Pigasse s'était rapidement imposé comme une figure singulière du paysage médiatique. En 1997, il publiait Congo-Brazzaville, chronique d'une guerre annoncée, un ouvrage qui revenait sur les tensions politiques et les fractures ayant conduit à la guerre civile. Cette publication, à la fois témoignage et analyse, a contribué à faire de lui un observateur attentif des réalités congolaises.
Créateur de l'ADIAC à la fin des années 1990, puis du quotidien Les Dépêches de Brazzaville, il s'était donné pour ambition de doter l'Afrique centrale d'un média professionnel, indépendant et résolument tourné vers le développement. Journaliste, entrepreneur de presse et éditeur, Jean-Paul Pigasse avait consacré une grande partie de sa vie au Congo-Brazzaville, où il s'était imposé comme un acteur majeur de l'information, mais aussi comme un mécène de la culture à travers la librairie Les Manguiers et de nombreuses initiatives éditoriales.
DES HOMMAGES POIGNANTS
Au cours de la cérémonie, Raïssa Angoko a porté l'hommage collectif des équipes de l'ADIAC et des Dépêches de Brazzaville, avant une série de témoignages retraçant le parcours de celui que beaucoup considéraient comme un guide.
Le ministre de l'Industrie culturelle, touristique, artistique et des Loisirs, Jean-Claude Gakosso, s'est souvenu de leur première rencontre en 1998, alors qu'il était conseiller culturel du président de la République. Thierry Lézin Moungalla, ministre de la Communication et des Médias, Médard Milandou, président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Lydie Pongault, ancienne responsable des Dépêches de Brazzaville aujourd'hui membre du gouvernement, ainsi qu'Émile Gankama, directeur de la rédaction du journal, Bélinda Ayessa directrice du mémorial Pierre Savorgnan De Brazza, Ernest Blanchard Dimi administrateur de Brazza Net ont également salué son héritage.
L'ambassadrice de France au Congo, Claire Bodonyi, la directrice de la Maison russe, Maria Fakhrutdinova, les représentants de Journalisme et Éthique Congo (JEC), Arsène Séverin et Alphonse Ndongo, ainsi que plusieurs écrivains, partenaires et professionnels des médias ont inscrit un dernier message dans le livre de condoléances ouvert à la librairie Les Manguiers.
UN MENTOR INOUBLIABLE
Les témoignages ont dressé le portrait d'un homme profondément humain, exigeant dans le travail mais généreux dans les relations humaines.
« Homme exceptionnel. Un grand chrétien qui avait la main sur le cœur. Un véritable mentor. Un ami. »
Pour les uns, Jean-Paul Pigasse restera un formateur et un mentor ; pour d'autres, un partenaire fidèle, un conseiller ou un ami. Tous ont souligné son engagement en faveur de la professionnalisation du journalisme congolais, sa fidélité au Congo-Brazzaville et sa contribution à la promotion de la culture.
UN HÉRITAGE VIVANT
Au-delà de l'émotion, cette veillée de presse a rappelé l'immense héritage laissé par Jean-Paul Pigasse. Son œuvre, incarnée par l'ADIAC, Les Dépêches de Brazzaville, Congo-Brazzaville, chronique d'une guerre annoncée et les nombreux projets culturels qu'il a initiés, continuera de porter sa vision d'une presse libre, responsable et au service du développement.
Conformément à ce que plusieurs de ses proches présentent comme « sa dernière volonté », nombreux sont ceux qui souhaitent voir perdurer les institutions qu'il a créées afin que son engagement continue d'inspirer les générations futures de journalistes et de communicants en République du Congo.
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