L’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) ne participera à la présidentielle qu’à travers la consigne de vote qu’elle donnera à ses électeurs et non en présentant un candidat. Et, ça crée le suspense.
Ancien parti de gouvernement, l’UPADS, présentée comme « la plus grande formation de l’opposition institutionnelle », a l’avantage de l’expérience, contrairement aux autres partis de ce bord. En plus, réalisme oblige, les raisons qu’elle avance justifient objectivement sa posture, tant l’UPADS se méfie de l’aventurisme et du m’as-tu vu lors de cette échéance capitale.
En prévenant qu’au moment venu, elle donnera sa consigne, elle ouvre la brèche qui fait d’elle, la poule aux œufs d’or, la plus belle femme qui ferait courir les candidats en lice en quête de suffrage.
D’aucuns s’interrogent si elle soutiendra un candidat de l’opposition son bord politique ou bien, aura-t-elle un penchant pour celui du Parti congolais du travail (PCT) avec lequel elle partage la même doctrine ou, comme ce fut le cas en 1992, quand le président du PCT Denis Sassou N’Guesso avait donné la consigne de voter pour le professeur Pascal Lissouba à la présidentielle et ce dernier fut élu chef de l’Etat.
LE SUSPENSE UPADESIEN
C’est à travers une ligne de quelques mots sur « la réflexion sur l’élection présidentielle de mars 2026 », faite par son conseil national que tout est dit. Pour l’UPADS, une bonne élection exige que soient réunis les prérequis de la démocratie : « liberté et diversité d’opinions ; indépendance de la justice ; neutralité de la force publique qui doit être au service de la Nation et non des individus ; participation des observateurs indépendants au plan local et international ».
Hélas, l’UPADS « constate que le gouvernement manque de volonté, mieux il se refuse d’implémenter la biométrie, de plafonner les dépenses de campagne à l’élection présidentielle, d’établir un fichier électoral consensuel, de mettre en place une Commission d’organisation des élections réellement indépendantes ».
En conséquence, elle « a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection présidentielle de mars prochain ».
En prévenant « l’UPADS se réserve le droit, le moment venu, de se prononcer sur la consigne à donner aux militants », elle crée le suspense, en adoptant une posture qui la mettra au centre du jeu et de toutes les attentions. Car, plus rien ne se fera sans elle, à la majorité présidentielle et à l’opposition.
SOUTIEN NATUREL A L’OPPOSITION
Avec quelques déclarations d’intention de candidature à la présidentielle par des opposants dont les plus visibles sont Dave Mafoula, Destin Gavet, Limbongo Ngoka, Vivien Manangou, Ntoumi Bintsamou…l’opposition congolaise doit se frotter les mains après que son mastodonte ait décidé de présenter de candidat à la présidentielle du 15 mars prochain.
Naturellement, l’UPADS donnerait la consigne de voter pour un candidat de son bord politique qu’est l’opposition. Aux avant-postes de ce bord politique, étant donné que c’est le président de l’UPADS, Pascal Tsaty Mabiala qui est le chef de file de l’opposition, il est logique qu’elle soutienne un candidat de l’opposition.
Au-delà des prises de bec inhérentes à toute structure humaine, la charité bien ordonnée commence, dit-on par soi-même et l’UPADS se doit de donner l’exemple, question de mettre aussi les formations de l’opposition, même celles qui ne seraient pas tendre avec elle, en confiance et de comprendre qu’elles font une analyse erronée.
Dans ce contexte, il faudra aussi que ces formations ou ces candidats aient le réalisme et le courage politique d’engager les pourparlers sérieux tout en donnant des garanties sérieuses en cas de victoire.
Cependant, rien ne présage qu’il sera forcément ainsi. Puisque rien n’interdit à l’UPADS de soutenir le candidat du PCT qui avait concouru à l’époque à la victoire de l’UPADS à la présidentielle.
AU NOM DES SOCIODEMOCRATES
L’Union panafricaine pour la démocratie sociale pourrait demander à ses militants de voter pour le candidat du Parti congolais du travail à la présidentielle malgré les clivages traditionnels pouvoir-opposition.
Et, ce n’est pas impossible. A la clôture du congrès de l’UPADS, son président avait donné un discours mettant de côté la course au pouvoir au profit des idéologies et de l’élégance démocratique. Pascal Tsaty Mabiala rêvait par exemple dun rassemblement des partis socio-démocrates du Congo et avait salué la présence du PCT à son congrès. Une marque d'amitié et de solidarité. « Elle rehausse le crédit de notre démocratie que nous voulons apaiser et constitue un geste fort qui exalte les valeurs républicaines et le vivre ensemble. Ensuite, -elle est- une réaffirmation de la proximité idéologique de nos partis…Ce courant philosophique, qui prend en compte les événements historiques et sociaux de notre temps… une opportunité pour prouver que la social-démocratie, dans sa diversité, existe au Congo et qu'elle n'est pas menacée de déglingue, comme notre gauche réduit aujourd'hui au radicalisme révolutionnaire » avait-il dit.
Une brèche ouverte au PCT, puisque pour l’UPADS, il revient aux partis socio-démocrates, « de réfléchir à un possible regroupement des forces de la gauche démocratique. Ce qui serait la réponse appropriée à l'interpellation de nos camarades sociaux-démocrates d'Afrique centrale, qui ne comprennent pas la dispersion et situent l'antagonisme entre les partis sociaux-démocrates du Congo, où l'un des leurs est au pouvoir ».
L’ASCENSEUR AU PCT
Le PCT pourrait jouer la carte du retour de l’ascenseur qu’il attend de l’UPADS depuis 1992. Car, c’est avec l’appui de la consigne donnée par le président du PCT, Denis Sassou N’Guesso investi par le PCT cette année, de voter pour le professeur Pascal Lissouba face à Bernard Kolélas que l’UPADS avait obtenu les voix nécessaires ayant porté son candidat à la tête du pays.
Faudrait-il encore que le PCT donne les garanties de gouvernement avec l’UPADS pour que tout passe comme sur les rails. Plus qu’un mois et, tout sera clair.
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